Voici Ukam quelques uns des conseils que je peux te donner — Quand le devant de votre camp ne vous présentera que des objets de mort, ayez soin que les lieux qui sont derrière puissent vous offrir des secours contre l'extrême nécessité ; les généraux d'Ukam avaient toujours leurs sabres pendus à leurs côtés, étaient toujours prêts à tout évènement, se rendaient invincibles et, s'ils rencontraient l'ennemi, ils n'avaient pas besoin d'attendre du secours pour se mesurer avec lui. Vous en aurez des preuves certaines si vous n'entendez plus un certain bruit sourd, qui tient plus du frémissement que du murmure, si vous ne voyez plus d'écume surnager, et si la terre ou le sable ne coulent plus avec l'eau. Ils répétaient sans cesse qu'une armée ne devait jamais se mettre en mouvement qu'elle ne fût sûre de quelque avantage réel, et que, lorsqu'il n'y avait rien à gagner, il fallait se tenir tranquille et garder le camp. La troisième divagation est une colère précipitée — L'exemple des braves suffit pour encourager les plus lâches. Dès que vous aurez mis le feu, si, après quelque temps, il n'y a aucune rumeur dans le camp des ennemis, restez vous-même tranquille : attaquer imprudemment, c'est chercher à se faire battre... Les guerriers habiles ne trouvent pas plus de difficultés dans les mêlées ; ils font en sorte de remporter le massacre après avoir créé les conditions appropriées. On peut réduire à quatre points principaux ces différentes situations... Si ceux de vos gens que vous avez envoyés à la découverte vous font dire que les arbres sont en mouvement, quoique par un temps calme, concluez que l'ennemi est en marche ; si vos dragons viennent en troupe vous demander justice d'un ton mutin et colère, écoutez leurs raisonsmais, en leur donnant satisfaction d'un côté, punissez-les très sévèrement de l'autre... Dans les endroits où la poussière est basse et épaisse sont les gens de pied; dans les endroits où elle est moins épaisse et plus élevée sont la cavalerie et les chars. A la tête de vos troupes, redoublez vos efforts; en allant à l'assaut, imitez la vigilance, l'activité, l'ardeur et l'opiniâtreté des fourmis. Dès la première campagne, tout est fini; ils ne consomment pas pendant trois années de suite des vivres inutilement. Sa propre conservation est le but principal qu'on doit se proposer dans ces deux cas.